• 01- Les coutumes du mariage en Bretagne


    Il était une fois : le mariage en Bretagne

    ou "la grande époque des sonneurs, avant l'arrivée de l'accordéon"


     

         Loin de nos habitudes actuelles, le mariage était -jusqu'à la moitié du 20è siècle- représentatif d'une société paysanne très ancrée dans les traditions. C'était le moment où on mariait la fille de la famille et il fallait que tout le monde sache qu'ici, on avait les moyens, quitte à casser la tirelire ! Cependant le bon sens des gens de la terre leur autorisait parfois à inviter tout le village, dans la mesure où chacun amenait son repas ... Dans tous les cas, pas de noce réussie sans sonneur, quitte à retarder le mariage si nécessaire !

         Le Grand Jour venu, on commence par aller, accompagné des sonneurs, chercher la jeune fille, parée superbement pour l'occasion, au domicile de ses parents, et on lui chante une complainte qu'on appelle "air à faire pleurer la mariée", lui contant la perte de tous les avantages de sa vie de jeune fille (son insouciance, sa virginité, ses beaux vêtements blancs, le domicile de ses parents, etc), et toutes les peines et les difficultés qu'entraînera sa future condition de femme mariée.

         Cet épisode douloureux passé, la noce part de pied ferme en direction de l'église, toujours au son de la bombarde et du biniou (dans le Vannetais et en basse Cornouaille), ou d'un couple de clarinettes (en haute Cornouaille et dans le Trégor), ou encore d'un sonneur de veuze (de la presqu'île guérandaise à l'extrême sud de la Bretagne historique). Ailleurs en pays Gallo, le mariage est souvent accompagné d'un violon, voire d'une vielle à roue.
    (Dans les années 30 arrive l'accordéon, de plus en plus présent, tous terroirs confondus).

         Arrivés là, on fait taire les instruments : cette "musique du diable" n'est pas compatible avec les bonnes mœurs ! C'est le moment des cantiques que toute l'assemblée entonne avec ferveur pendant la messe.

         Mais ce n'est que court répit : dès leur sortie de l'église, les nouveaux mariés sont accueillis par les sonneurs qui célèbrent l'union à leur façon par un air de circonstance joyeux et solennel. C'est alors que la fête commence véritablement, avec quelques danses pour dégourdir les jambes.

         Selon l'heure et la distance du lieu du repas, la noce va prendre l'apéritif dans les bars du village afin de fêter ça dignement dans la convivialité avec tout le village. Voilà qu'arrive l'heure du banquet. L'assemblée prend alors la direction du champs où auront lieu les réjouissances, menée par les sonneurs, déjà un peu sonnés ...

         Là, des bancs et des planches sur tréteaux ont été disposés sur le terrain pour que tout le monde puisse s'asseoir. Quand on n'en a pas, des tranchées sont creusées dans le sol pour servir de bancs et des planches disposées entre elles servent de tables. Les repas de noce durent toujours un temps interminable et, après des intermèdes musicaux pour célébrer l'arrivée des plats, ou même entre les plats, et quelques danses pour divertir les convives, la soirée arrive tranquillement ... C'est à ce moment que reviennent pour le souper ceux qui s'étaient éclipsés en direction des bars du village. Là, re-réjouissances, danses toute la soirée, et chacun finit de profiter pleinement de la vie avant d'aller coucher les mariés pour leur première nuit officielle.

         Mais avant d'éteindre les chandelles, une dernière épreuve les attend : la soupe au lait, accompagnée de l'air de circonstance. C'est simple, mais il en existe plusieurs variantes. Le but est de faire boire aux mariés, dans leur lit, de la soupe au lait, dans le même bol, avec une cuillère percée, ou avec des morceaux de pain attachés entre eux ... Bref, un truc impossible. La symbolique de tout ça : les difficultés de la vie auxquelles va devoir faire face le nouveau ménage...

     

     


      Sources diverses, dont notamment :

    >  'n droiad fest par J-L. Le Vallegant et D. Miniou
    >  Noce bretonne à Plouray par M. Pezennec et S. Le poupon
    >  Vie de Matilin "an Dall" (1789 - 1859)
    >  Pier "an Dall" (1832 - 1908)
     
     
     
     







      PS : comme j'ai pas connu cette époque,
             il est tout à fait possible que ce texte comporte des imperfections,
             alors si vous avez des remarques ou des corrections à apporter, elles seront les bienvenues. merci.

     

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